# Baihao Yinzhen ou Bai Mudan : comparaison des thés blancs

Le Baihao Yinzhen (« Aiguilles d'argent au duvet blanc ») se fait uniquement de bourgeons non éclos, le Bai Mudan (« Pivoine blanche ») d'un bourgeon et d'une ou deux jeunes feuilles. Ce sont deux degrés voisins d'une même tradition de Fuding : le premier, une finesse aristocratique ; le second, un goût plus plein et plus accessible.

| Critère | Bai Hao Yin Zhen | Bai Mu Dan |
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| Matière première et récolte | Uniquement de gros bourgeons de printemps des premiers jours de cueillette, couverts d'un duvet argenté. Le standard le plus strict des thés blancs — d'où les petits volumes. | Un bourgeon plus une ou deux feuilles de tête, d'une cueillette un peu plus tardive. Standard plus souple, récolte plus abondante, et cela se voit aussitôt sur le prix. |
| Transformation | Minimale, comme pour tous les blancs : long flétrissage sur claies de bambou et séchage final. Ni torréfaction ni roulage — rien que le bourgeon et le temps. | Même technologie, mais la feuille est plus grande et plus hétérogène ; l'oxydation des bords est donc plus marquée : le thé a davantage de tons « bigarrés », miellés et fruités. |
| Aspect | Des « aiguilles » régulières, vert argenté, au duvet dense, toutes de même taille. Liqueur presque transparente, paille pâle. | Un mélange bigarré de bourgeons argentés et de feuilles vert-brun — la « pivoine ébouriffée ». Liqueur nettement plus foncée : du doré à l'ambre clair. |
| Goût et arôme | D'une extrême finesse : melon, foin frais, fleurs blanches, onctuosité douce et longue douceur fraîche. Un goût discret — on l'écoute, on ne le boit pas distraitement. | Plus plein et plus sonore : miel de prairie, fruits secs, fleurs des champs, légère acidité fruitée. Compréhensible dès la première gorgée, même pour un débutant. |
| Infusion | 4–5 g pour 120 ml, eau à 80–85 °C, infusions à partir de 15–20 secondes. Il supporte la macération longue sans amertume, mais l'eau bouillante brutale estompe les nuances. | 4–5 g pour 120 ml, eau à 85–90 °C. Sans prétention : gaiwan, théière, mug — il fonctionne partout, et un Mudan d'âge peut même se faire bouillir. |
| Effet | Une clarté fraîche : selon la MTC, le thé blanc rafraîchit, apaise la chaleur et l'agitation. Les bourgeons sont riches en théanine — un état d'attention calme et égale. | Action semblable, mais moins « éthérée » : un rafraîchissement doux sans stimulation brusque. Un bon thé de journée, pour de nombreuses infusions. |
| Prix et garde | L'un des blancs les plus chers de Chine ; les aiguilles d'âge sont rares et prisées des collectionneurs. À n'acheter que chez des vendeurs à la matière première de Fuding honnête. | Nettement plus abordable, et il vieillit à merveille : un Mudan pressé glisse en quelques années vers le miel et les fruits secs, comme son aîné le Lao Shou Mei. |

## Verdict

Le Bai Mudan est la bonne porte d'entrée dans les thés blancs : expressif, abordable, tolérant aux erreurs. Le Baihao Yinzhen est un thé pour l'oreille exercée : sa finesse passe facilement inaperçue si l'on boit à la hâte. La voie pratique : boire le Mudan au quotidien et réserver les Aiguilles d'argent aux séances calmes et particulières.

Source: https://www.dao-cha.info/fr/compare/yin-zhen-vs-mu-dan