# Camellia sinensis (le théier) (茶樹, cháshù)

Camellia sinensis (茶樹) est la plante à feuilles persistantes de la famille des théacées dont les feuilles donnent tout le vrai thé : vert, blanc, oolong, rouge et pu-erh. Les différences entre thés viennent de la transformation, pas de plantes différentes.

Tout le vrai thé — du délicat Guzhu Zisun au pu-erh sheng centenaire — se fait à partir des feuilles d'une seule espèce biologique : Camellia sinensis, le camélia de Chine. Cela mérite d'être dit distinctement, car l'intuition s'y refuse : le thé vert et le pu-erh shu se ressemblent trop peu. Mais les différences sont créées non par des plantes distinctes, mais par la transformation — oxydation, chauffe, fermentation — et, en second lieu seulement, par la variété du théier et le terroir.

Au sein de l'espèce, on distingue deux variétés principales. Camellia sinensis var. sinensis — le théier « chinois » à petites feuilles, résistant au gel, fin de goût ; il donne la plupart des thés verts, blancs et des oolongs. Camellia sinensis var. assamica — l'arbre « d'Assam » à grandes feuilles des contrées chaudes, puissant et tannique ; c'est la base des pu-erhs et de nombreux thés rouges. Dans les forêts du Yunnan, l'assamica pousse en arbres de plein fût — les vieux arbres gu shu de Yiwu sont des camélias séculaires qu'on a laissés être eux-mêmes. Quant aux « thés » d'herbes — rooibos, hibiscus, menthe —, ils n'ont aucun lien avec le camélia : ce sont des infusions d'autres plantes.

La botanique offre au pratiquant un regard lucide sur l'étal : les mots « cultivar d'élite » n'ont de sens que comme triade « cultivar + lieu + transformation ». Et un petit miracle à contempler : une tasse de thé, c'est la feuille d'une seule espèce végétale, lue par l'humanité de mille manières différentes.

Source: https://www.dao-cha.info/fr/glossary/camellia-sinensis